Présentation du Café Philo du 18 mai 2018, « Les cahiers au feu ? »

Présentation du Café Philo du 18 mai 2018, « Les cahiers au feu ? »
Quand la totalité du savoir est à disposition de chacun par n’importe quel portail et en quelques clics, l’école doit redéfinir ses missions, réinventer ses fonctions, et non se contenter de réformettes vouées à l’échec.

Devant le constat de la faillite de l’école, certains observateurs ont développé ce que l’on pourrait dénommer une « nostalgie de la Troisième République ».

Mais une telle nostalgie est vaine, d’une part parce que l’histoire ne « repasse jamais les mêmes plats », d’autre part parce que le monde auquel l’école doit préparer nos enfants n’a plus rien de commun avec celui qui existait au temps de « hussards noirs de la République ».

Les maîtres de l’école de Jules Ferry ouvraient à leurs élèves les portes d’un monde auquel aucun autre accès n’était réservé. Élargissant prodigieusement leurs horizons, ces maîtres accompagnaient avec passion les enfants dans de nouveaux domaines, dans des territoires dont leurs familles ignoraient jusqu’à l’existence.

Heureux enseignants qui recevaient sur les bancs de leurs écoles des enfants dont l’esprit n’avait guère eu l’occasion de franchir les frontières de leurs territoires exigus, et qui les conduisaient pas à pas au-delà de leur cercle et de leur temps.

Une expérience totalement inverse est vécue aujourd’hui par les jeunes générations : ouverts dès le plus jeune âge à l’immensité de l’univers, informés de multiples manières, et même surinformés, par un réseau médiatique omniprésent dès le berceau, nos enfants ne peuvent, aussi considérables que soient les talents de leurs éducateurs, éprouver à l’école le sentiment de la découverte d’un monde auquel ils n’auraient pas eu accès sans elle.

D’où le bavardage, qui a depuis longtemps cessé d’être une anomalie propre aux classes dont les maîtres ne disposeraient pas d’une autorité suffisante, pour s’installer comme pratique usuelle d’élèves qui comprennent de moins en moins au nom de quoi on pourrait l’interdire.

Dans l’univers qui est désormais le nôtre, l’école ne saurait se contenter de réformes, c’est d’une révolution dont elle a besoin pour relever les défis de la société numérisée et mondialisée dans laquelle vont vivre nos enfants.

Les points de départ de ma réflexion seront empruntés à l’ouvrage que j’ai coécrit en 2004 avec Jean-Claude Grosse, Pour une école du gai savoir.

Le bulletin officiel

Retrouvez dès maintenant le numéro 109 du bulletin officiel de l’association qui sera diffusé à l’occasion de cette séance :

Lire le bulletin officiel en ligne

Pour le télécharger au format PDF, rendez-vous dans la rubrique Bulletins officiels.

La séance de ce soir devait initialement être animée par Lucie Bertrand-Luthereau, elle le sera finalement par Philippe Granarolo.
La grève à la SNCF ne permettra pas à Lucie Bertrand-Luthereau, bloquée à Paris, de rejoindre à temps l’Auberge Provençale.

L’intervenant : Philippe Granarolo

Philippe Granarolo Philippe Granarolo est né en 1947 à Toulon. Agrégé de l’Université et Docteur d’État en Philosophie, il a consacré sa thèse au futur dans l’oeuvre de Nietzche.

Professeur honoraire de Chaire Supérieure, il est Adjoint à la Culture et à l’Education de la ville de La Garde, officier des Palmes Académiques et membre actif de l’Académie du Var. Philippe Granarolo est également président de l’association.

Il animera ce soir pour la quarante-septième fois une séance du Café Philo La Garde.

Commentaires

Il y a 1 commentaire

  • Arlette Casteret dit

    Si l’école ne leur ouvre plus les yeux, elle peut toujours avoir pour mission de leur apprendre à apprendre.
    Si apprendre est construire de la matière, c’est à dire des connexions, cela ne pourra pas se faire sans attention et sans répétitions, le cerveau est un organe lent, qui a des exigences incontournables.

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