Présentation du Café Philo du 19 janvier 2018, « La musique de la vie »

Présentation du Café Philo du 19 janvier 2018, « La musique de la vie »
Dans un univers soumis à la loi de l’entropie (dégradation continue de l’ordre et dissipation de l’énergie), le vivant est comme un miracle qui fonctionne à contre-courant de la totalité : éclairer ce mystère a toujours été l’ambition des philosophes.

Quelle est la signature de l’être vivant ?
Quelle est sa place dans la Nature ?

De l’Antiquité jusqu’à nos jours, cette question n’a cessé de hanter l’histoire de la philosophie des sciences sans trouver de réponse satisfaisante. Certains, nourris des pensées d’Aristote et de Bergson, ont supposé l’existence d’un souffle immatériel ou spirituel qui animerait le vivant. D’autres, sur les traces de Galilée et de Descartes, ont refusé toute originalité à la vie, et l’ont réduite aux simples lois de la physique et de la chimie, gommant ainsi la différence entre physique et biologie. Malgré les succès spectaculaires qu’a connus la biologie ces dernières décennies, notamment dans la manipulation du génome, ni le vitalisme ni le mécanisme ne sont parvenus à apporter une solution claire à l’énigme du vivant qui continue de narguer la science du XXIème siècle.

La piste chimique est une impasse dans la mesure où le vivant et l’inorganique sont constitués des mêmes éléments, par ailleurs fort communs dans la nature. Ce n’est donc pas en termes de propriétés, mais plutôt de rythmes qu’il faut penser leur différence. La Nature (Physis), pur principe de variation et source éternelle de toute réalité est un flux créateur qui ne connaît aucun repos et engendre tous les rythmes possibles en sécrétant continuellement de la nouveauté.

Qu’en est-il de l’être vivant ? Il se nourrit d’un déséquilibre chimique et poursuit aussi loin que possible l’aventure de la différence. Bien protégée par son noyau, ses enveloppes ou ses peaux du mouvement turbulent qui fait rage au-dehors, la cellule primitive aménage et réorganise le devenir qu’elle transforme en son espace-temps propre. Telle une vaguelette en résonance avec la vague qui l’enveloppe, le vivant sécrète sa propre mesure rythmique au sein de la nature.

Il peut dès lors scander son existence dans un temps successif et déployer son action dans un espace structuré en corps séparés. Mais l’espace et le temps sont comme un élastique : plus on tire sur l’un, moins on a de l’autre. La rançon pour percevoir des formes est la mort.

Comme une île éphémère battue par les flots d’un océan éternel, le vivant jouit durant le temps compté de sa vie d’étranges qualités, inconnues de l’inorganique, qui nous intriguent et nous émerveillent : un métabolisme auto entretenu, une mémoire de son passé et la possibilité de manipuler le monde extérieur.

Le bulletin officiel

Retrouvez dès maintenant le numéro 105 du bulletin officiel de l’association qui sera diffusé à l’occasion de cette séance :

Lire le bulletin officiel en ligne

Pour le télécharger au format PDF, rendez-vous dans la rubrique Bulletins officiels.

L’intervenant : Fabien Nivière

Fabien Nivière Fabien Nivière est né à Toulon en 1972. Agrégé de philosophie en 1997, il enseigne depuis 2016 au lycée jean Moulin à Draguignan.

Il se passionne pour la pensée de Nietzsche, la philosophie grecque ante-socratique, et l’épistémologie contemporaine, (mécanique quantique, théorie de la relativité, astrophysique, biologie, éthologie).

Epris de solitude, et amoureux de la pensée, il consacre son temps libre à une méditation sur la Nature.

Après son premier ouvrage, Le rythme vivant, il concentre à présent ses recherches sur la mort et l’éternité.

Il animera ce soir pour la première fois une séance du Café Philo La Garde.

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