Éditorial de Philippe Granarolo : « Longue vie au Café Philo La Garde »

Éditorial de Philippe Granarolo : « Longue vie au Café Philo La Garde »

Dans le domaine des Cafés Philo, l’agglomération toulonnaise est une véritable exception culturelle. Trois ans à peine après la création par Marc Sautet au Café des Phares (place de la Bastille) du premier de tous les Cafés Philo de la planète, une « Agora » vint au jour au Revest, aux portes de Toulon, à l’automne 1995, « Agora » dont j’eus l’initiative avec Jean-Claude Grosse (alors directeur du théâtre des Comoni), et qui se voulait l’analogue varois des Cafés Philo parisiens. Aussitôt après émergeait sur le port de Toulon, au Café de La Rade, sous l’impulsion de l’avocat Pierre Danjard, et à Sanary, sous la houlette du Docteur Françoise Vitel, des Cafés Philo plus proches du modèle inventé par Marc Sautet. J’eus le bonheur de participer à toutes ces aventures, et au cours de ces mêmes années 1990, de me rendre à tous les congrès nationaux (ceux d’Apt et de Castres en particulier) qui jalonnèrent ces années de création, congrès qui ont malheureusement cessé d’exister.

En 2001, alors que je venais d’être élu conseiller municipal de La Garde, mes concitoyens me reprochèrent légitimement d’animer des Cafés Philo dans l’agglomération toulonnaise et de ne rien faire dans ma propre commune. C’est à leur demande que fut créé durant l’été 2001 le Café Philo de La Garde, dont la première séance que j’animais eut lieu le vendredi 7 septembre 2001.

Organisé sous la forme d’une association loi 1901, le Café Philo de La Garde s’est installé dès le printemps 2002 à l’Auberge Provençale de La Garde, grâce à la bienveillance de la famille Augias, qui dirige cet établissement. Les travaux effectués dans l’Auberge nous ont permis très rapidement de bénéficier de la magnifique salle dans laquelle ont lieu les réceptions de mariage, et nous fonctionnons depuis dans ce bel espace capable d’accueillir sans difficultés près de 150 personnes. A la fin de la soirée, qui commence systématiquement par un exposé introductif prononcé par un spécialiste de la question proposée, le débat s’engage, et je tends le micro aux uns et aux autres pendant une heure environ. Comme il se doit dans le pays du rugby, une « troisième mi-temps » termine la soirée : un dîner servi à l’Auberge permet à toutes celles et à tous ceux qui le souhaitent de prolonger leurs échanges autour d’un repas.

Il serait à la fois difficile et injuste pour toux ceux qui ne seront pas cités d’isoler quelques séances parmi les 114 soirées qui ont eu lieu à l’heure où je rédige cet éditorial. Mais comment ne pas rappeler la soirée animée par Boris Cyrulnik pour fêter nos dix ans d’existence, devant près de 300 personnes ? Ou celle animée par mon ancien élève le nationaliste corse Jean-Guy Talamoni devant plus de 160 participants ? Ou encore la soirée de février 2009 où Jean-François Mattei nous interpella sur « les barbares d’aujourd’hui » ? Quant aux séances de septembre et de juin que j’anime traditionnellement chaque année, j’ai le bonheur de m’y retrouver chaque fois devant 140 à 150 personnes.

A la fois très jeune et déjà âgé, le Café Philo de La Garde est devenue une institution culturelle de notre agglomération. Avec les Cafés Philo de Sanary (qui se réunit au Théâtre Galli) et de Six-Fours (qui se tient à l’Auberge du Mont Salva), il répond incontestablement à un besoin d’interrogation et à une quête de repères caractéristiques de notre temps.

C’est aussi dans cette démarche que notre association, qui fêtera ses 12 ans à l’automne prochain, est heureuse de lancer en ce début d’année 2013 ce nouveau site internet, qui vous permettra de vous informer sur l’actualité de nos Cafés Philo mais aussi sur le chemin parcouru depuis 2001 avec un grand nombre de contenus des saisons passées mis à votre disposition.

Longue vie au Café Philo de La Garde !

Philippe Granarolo
Président de l’association

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